Agora habiter les pilotis 2017 Bordeaux Architecture



Scènes suspendues
"Habiter les pilotis"
Bordeaux, France
2017
concours
Agora Biennale d'architecture

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Scènes Suspendues

Risque et forme urbaine :

Les risques de crue génèrent une strate libre, un volume capable compris, entre le niveau du terrain naturel et la sous-face des logements. Cette organisation spatiale favorise une forme d’habitat atypique, déconnectée du sol mais a l’avantage d’offrir des espaces couverts et ouverts en rez-de-chaussée qu’il faut qualifier.
La parcelle désignée au sein du futur quartier de Brazza se compose de treize plots et offre ainsi une série d’espaces à investir. L’enjeu consiste à profiter de ce potentiel pour proposer des usages communs pour les habitants et le quartier.
Nous proposons d’organiser des scènes thématiques d’activités qui s’inscrivent dans le respect des risques identifiés et en cohérence avec les besoins liés aux habitants. Un projet économique, social, politique et poétique qui considère l’espace collectif extérieur comme un espace de liaison entre l’espace individuel et l’espace public, entre le logement et le « vivre ensemble ». Un lieu à investir, à occuper, à révéler, à partager.

L’eau, le paysage et les usages :

En effet, la crue centennale, bien qu’elle doit être considérée, ne peut régir un mode d’habiter permanent. Il faut renverser le regard pour faire de ces espaces un nouveau territoire de possibles. Une strate supplémentaire dans la construction de la ville, qui fait le lien entre l’espace public et le logement, laissant ainsi la place pour des usages collectifs, de proximité, de voisinage qui s’adressent à tous.
Ces installations légères sous les bâtiments permettent de libérer le sol en cas de crue, d’offrir des activités tout en préservant une relation privilégiée au paysage des lanières et du coeur d’îlot. Elles offrent un filtre supplémentaire dans la lecture du paysage, le métal s’intègre au végétal, la lumière et le vent animent les perspectives que ces installations peuvent offrir.
Chaque scène est délimitée par un stabilisé de couleur, un sol perméable limitant les dégâts causés par l’eau. Les noyaux de circulation qui permettent l’accès aux logements ont également un rôle structurel. Ils sont réduits au minimum afin de libérer le plus d’espace possible au sol, accessibles depuis de niveau 0 du jardin et depuis le niveau +1m en cas de crue. Ainsi, les habitants ne peuvent être contraints en cas de montée des eaux.

Mécanique déployée :

Chaque scène est mise en oeuvre grâce à un système de suspension à la sous-face des constructions permettant de libérer le sol en cas de crue (remontée des potagers, repli des panneaux d’exposition, décrochage des jeux d’enfants etc). Ces installations légères sont composées d’accroches mécaniques préfabriquées en métal, ce sont des éléments résistants, standardisés (tels que des chaînes, des câbles, des poulies, des treuils) et faciles d’utilisation et d’entretien. Ces mécanismes sont économiques, adaptables et transposables. Ils s’intègrent à la sous-face des constructions sans pour autant conditionner leur système structurel puisqu’ils proposent une fixation relativement simple à la dalle du premier niveau, même si ponctuellement les charges devront pouvoir supporter un poids supplémentaire. Ainsi, ces installations pourront s’inscrire dans une temporalité indépendante de mise en oeuvre des espaces libres et des bâtiments de logements sans altérer l’écriture architecturale et paysagère de ces derniers une fois livrés. Elles participeront à développer une cohérence entre les différents projets architecturaux et paysagers dans le nouveau quartier de Brazza et contribueront à créer un réseau de lieux d’intensité programmatique sur ce vaste territoire.

Les scènes :

Chaque scène propose des usages communs pour les habitants. Ce projet collectif encourage l’implication des acteurs (habitants, quartier, ville), pour impulser un partage, l’animation et le développement de ces programmes :
Des rideaux intimisent des espaces de travail, de rencontre, de dialogue. L’atmosphère domestique apportée par ces voiles plus ou moins transparents favorise les échanges tout en laissant la lumière et les vues sur le jardin. Ils font office de « pièce en plus » pour les habitants, permettent de s’isoler seul ou à plusieurs, en dehors de chez soi. En été, ils offrent un lieu ombragé et aéré pour profiter du jardin.
Des luminaires suspendus accueillent des activités nocturnes. Des salons, des scènes de spectacles, de grandes tables peuvent accueillir les habitants après le coucher du soleil pour se retrouver après une journée de travail ou à l’occasion d’un évènement.
Des jeux d’enfants se balancent sous les bâtiments. Balançoires, trapèzes, trampolines offrent un espace de loisir pour les plus jeunes. Des filets sont suspendus et lestés pour jouer aux raquettes. Les loisirs et le sport sont ainsi à proximité immédiate, des parents, des logements.
Des bacs et des pots sont remplis de fleurs et de culture (fruits, légumes). Les habitants impliqués s’occupent de ces jardins suspendus qui embellissent le paysage et produisent des ressources à partager.
Des cimaises se déplient et deviennent les supports d’exposition. Scène d’information, de culture, de pédagogie, ces panneaux offrent la possibilité aux habitants, à la ville, aux associations de diffuser, partager, communiquer. Des espaces de stationnement pour les deux roues sont mutualisées sous deux bâtiments. Ils sont attachés grâce à des chaînes suspendues coulissantes sur des rails s’adaptant aux différents cadres de vélos grâce à un ressort.

Contexte et développement possible :

La proposition de ces installations s’ancre dans un contexte actuel et concret. La mise en oeuvre de projets économiques et adaptables permet une possible implication des habitants et vise à favoriser le « vivre ensemble » dans cet ensemble de logements collectifs. La proximité entre ces activités et les logements ajoute une plus-value au mode de vie en collectivité. Le développement de ces programmes peut s’étendre à de plus grande échelle. De l’îlot au territoire, ces développements programmatiques peuvent prendre de l’ampleur au sein de la métropole. Les rez-de-chaussée, alors libres d’usage, peuvent être investis pour accueillir diverses activités de production, de détente, de créativité, de sport, de pédagogie.
Il s’agit de penser le logement au-delà de la cellule privée afin de tirer des bénéfices d’une vie en collectivité offrant des supports d’activités et d’échanges. Les grands espaces extérieurs peuvent être qualifiés et appropriables ajoutant une plus-value aux logements.